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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 22:39

Derrière cette accroche racoleuse se cache une réalité moins glorieuse : pourquoi est-ce que les collaboratrices libérales ne bénéficient-elles que d'un congé maternité d'une durée de 12 semaines alors que nos consœurs salariées, et l'ensemble des femmes salariées, jouissent, elles, d'un congé de 16 semaines?

 

Sommes-nous toutes des Rachida Dati en puissance qui, à peine le bébé expulsé, sommes capables de nous jucher sur des talons aiguilles en tailleur jupe serré avec le sourire radieux aux lèvres?

 

De même, nos enfants sont-ils plus résistants que ceux des salariés pour se passer de leur mère 4 semaines plus tôt?

 

Rien de tout cela!

 

Malgré l'enthousiasme bon ton que chaque femme enceinte et chaque jeune maman est censée adopter, puisque selon la formule consacrée "ce n'est que du bonheur", une grossesse et les premiers mois de vie de l'enfant sont très fatigants.

Ainsi, et dans le désordre : nausées et vomissements, remontées acides, essoufflement, maux de dos, petites "joies" de la fin de grossesse, sans oublier les fameuses insomnies de la femme enceinte, soi-disant pour permettre au corps de se préaparer aux réveils nocturnes, mais surtout des émotions en grand huit grâce à des hormones en perpétuelle ébullition!

 

A cela, s'ajoute ensuite l'accouchement et, sans rentrer dans les détails que chaque parturiente ne connait que trop bien, la fatigue qui en découle.

 

Car, si aujourd'hui, grâce à la péridurale, on pense que l'accouchement est devenu une formalité pliée en deux temps trois mouvements, il s'agit en réalité d'un acte éprouvant et entraînant souvent des conséquences physiques, dont plusieurs semaines sont nécessaires pour obtenir guérison.

 

Tous ces éléments générateurs de fatigue seraient rapidement réglés si on n'avait pas un petit vampire, friand de notre énergie et de nos nuits!

 

Cette période perdure plusieurs semaines, voire mois pour certaines.

 

Ces quelques mots ne cherchent nullement à décourager les mamans potentielles mais à dresser un constat réaliste des contraintes et du quotidien d'une toute jeune maman.

 

C'est dans ces conditions que, au bout de 10 semaines de congé maternité (2 semaines de congés obligatoires avant la DPA ne font plus que 10 semaines post-accouchement), la jeune maman retrouve le chemin du Cabinet et laisse son bébé de 2 mois à peine entre des mains étrangères, pour aussi compétentes soient-elles.

 

Elle doit alors enchaîner des nuits parfois encore hachées, des journées stressantes où elle doit montrer plus encore son enthousiasme et son investissement, et des soirées à s'occuper de son bébé et à préparer le lendemain, sans même évoquer le cas de celles qui ont choisi l'allaitement...

 

Alors qu'elle ne s'est pas même totalement remise de sa grossesse et de son accouchement.

 

Il m'apparaît donc physiologiquement indispensable que les femmes, même exerçant en collaboration libérale, puissent bénéficier d'un congé maternité de 16 semaines.

 

Cette injustice est sur le point d'être réparée puisque l'Ordre des Avocats de Paris a voté, lors de sa séance du 27 juillet 2010, l'allongement du congé maternité.

 

Il ne reste plus qu'à vaincre les barrières financières des assurances.

 

Naturellement, je vous tiendrai au courant dès qu'un accord aura été trouvé avec les assurances.

 

Cependant, si je salue vivement et chaleureusement cet allongement nécessaire du congé maternité, je me suis aperçue lors du mien, que 12 semaines étaient finalement longues pour notre activité personnelle. En effet, pour pouvoir bénéficier des allocations versées au titre de la maternité, il nous est demandé de certifier sur l'honneur que l'on cesse toute activité professionnelle pendant cette période. Or, lorsque l'on a la chance de disposer d'une clientèle personnelle, il est difficile de mettre la vie de nos clients ou l'activité de leur entreprise entre parenthèses pendant notre congé. 

Il faudrait donc assouplir les conditions d'octroi des sommes versées dans le cadre du congé maternité pour éviter que chaque avocate enceinte doive faire un arbitrage entre son repos indispensable et le maintien de la clientèle si durement conquise.

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Published by Moms à la Barre - dans Les discriminations des avocates